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2. Du grec aux langues du monde

01 Jan 2016-
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Summary (13 min read)

Jump to: [Introduction][Au contraire, certaines réflexions éparses de Heyne, qui n’était ni][La pensée de Heyne a indéniablement inspiré les réflexions][Du grec aux langues du monde][3. Quels Grecs faut-il étudier ? La période archaïque et Athènes,][3. Les Grecs sont ouverts aux influences extérieures et possèdent][Ob sich nun in irgendeinem noch unentdekten Erdstrich eine solche Nation zeigen wird, welche mit dieser Eigenthümlichkeit die übrigen,][De l’Hellade à la langue][La langue, souffle et âme de la nation, est devenue le centre][Références des ouvrages cités][De l’exemplarité grecque à la critique du caractère unilatéral de la philologie grecque][Une Grèce vivante : nostalgie, philologie, éducation][Les réflexions d’un linguiste][Regard sur les affaires de Grèce et le mouvement philhellène][Considérations sur l’avenir incertain][Variations poétiques sur le thème de la domination][L’Athènes des bords de la Spree][L’Athènes des bords de l’Isar][Si un modèle athénien a pu être édifié sur les bords de la Spree][Certes, l’art archaïque et l’art hellénistique ont été découverts][Une philologie des ambiguïtés][De là cette définition de l’intraduisible que j’ai proposée dans][Le panthéon des langues][La diversité se définit comme non-superposabilité : « aucun mot][ADB][ΕΒΕ (Bibliothèque nationale de Grèce), section des manuscrits et][Ève gran-ayMErich][La mise en œuvre des sciences][Inventer une archéologie][Pour et contre Müller : l’enseignement de][L’invention de la kallitechniologia :][De ce nom infini quelque lettre nouvelle.][Par une coïncidence qui n’est pas fortuite, un illustre prédécesseur][Nul n’a identifié ce passage de l’entretien sur Phidias, rédigé][Portraits croisés][Une langue, un poète, une institution][La référence humboldtienne dans l’œuvre de Polylas][Traduits de l’allemand et présentés][Toutefois, des précisions, des déplacements et des modifications][1) selon que les vestiges qui nous restent d’une nation sont][2) la forme de gouvernement et l’organisation politique][2) la religion n’exerçait absolument aucune domination sur][Un deuxième trait éminemment caractéristique des Grecs est][3) les périodes sur lesquelles il faut passer le plus de temps ne][1) travail direct sur les sources elles-mêmes par la critique][4. Les us et les coutumes][5. Le caractère public et privé et l’histoire][Du caractère des Grecs, vision] and [Du caractère des Grecs en général, et de la vision idéale de celuici en particulier]

Introduction

  • Humboldt n’est lui-même jamais allé en Grèce et pourtant, il est le principal inventeur d’une Grèce reconstruite à l’usage de l’Allemagne du xixe siècle, le principal fondateur du mythe grec des Allemands1.
  • Lorsqu’éclata la Révolution française, les deux frères Wilhelm et Alexander suivaient à Göttingen l’enseignement de l’helléniste Christian Gottlob Heyne qui, au semestre d’été 1789, dispensait un cours sur Homère.
  • Auprès de cet helléniste trop longtemps négligé, Wilhelm apprit à considérer la Grèce moins comme un modèle éternel que comme une source d’inspiration politique, la polis étant un objet de constantes réflexions dans une Allemagne fragmentée.
  • Sans doute la fidélité au maître explique-t-elle que Humboldt ait appelé.

Au contraire, certaines réflexions éparses de Heyne, qui n’était ni

  • Un théoricien ni un esprit systématique, apparaissent discrètement dans les écrits sur l’Antiquité rédigés par Humboldt dans les années 1780-90, parmi lesquels se distingue l’ébauche datée de 1793 Über das Studium des Alterthums, und des griechischen insbesondere25.
  • Bien sûr, dans l’œuvre de Humboldt, ces contenus s’enrichissent d’autres influences philosophiques, qui les compliquent.
  • Plus tard, son projet politique majeur, la création du lycée humaniste27, trouva ses motivations idéales dans un processus dont Heyne, précisément, avait été l’initiateur.
  • En effet, c’est la pratique didactique du séminaire introduite par Heyne qui avait contribué de manière décisive à la transformation de l’étude de l’Antiquité, jusqu’alors considérée comme une activité d’amateurs, en une véritable science occupant une position centrale dans une université qu’il considérait comme le lieu de la Bildung des élites allemandes.

La pensée de Heyne a indéniablement inspiré les réflexions

  • De Humboldt sur les Grecs, qu’il s’agisse du choix de ses premiers objets d’étude ou, surtout, de sa conception novatrice de l’étude de l’Antiquité.
  • D’autre part, Heyne, comme Wolf, appartient à la catégorie des « philologues de profession » auxquels Humboldt n’a jamais voulu se comparer, de même qu’il n’a jamais fait partie du monde universitaire dont la structure lui fut toujours, malgré son activité réformatrice, profondément étrangère.
  • Cette distance vis-à-vis du monde universitaire s’exprime dans sa confrontation avec Andurand Anthony 2013, p. 50-62.
  • 25 D’Allemagne en Grèce : cheminements humboldtiens polémique qui oppose Heyne et Wolf.
  • Heyne est très certainement l’homme à qui notre siècle doit le plus : le progrès des Lumières dans le domaine religieux, atteint grâce à son propre enseignement et à la formation de jeunes instituteurs du peuple, la libéralité dans la pensée, les débuts d’une archéologie savante et la création sans précédent d’un lien entre l’esthétique et la philologie29.

Du grec aux langues du monde

  • Or, la deuxième transformation du projet Über das Studium des Alterthums, l’élargissement des Grecs à toutes les nations du monde, est la conséquence logique de cette découverte de la centralité anthropologique de la langue.
  • À Rome, Humboldt veut entamer un travail sur le grec, mais il veut aussi finir son travail sur le basque.
  • Comme les langues sont les âmes et les souffles des nations, le projet se concentre sur les langues.
  • Mais nous l’avons maintenant reconstruit dans les volumes III, 1-6 de notre édition des œuvres linguistiques de Humboldt, cf. Humboldt Wilhelm von 1994 sq. 31.
  • Mais c’est tout de même une belle pensée, surtout si on l’exprime à Athènes….

3. Quels Grecs faut-il étudier ? La période archaïque et Athènes,

  • Puisque, malgré son apparence fragmentaire, le texte humboldtien forme la base de sa pensée, Wolf remercie cordialement l’auteur anonyme :.
  • Mais la source entière ne sera publiée qu’en 1896, presque cent ans après la Darstellung de Wolf12.
  • Deuxièmement, la publication du texte entier révèle un document important, important pour la philologie ainsi que pour l’œuvre de Humboldt dans son ensemble.
  • Über das Studium des Altertums est un texte d’une vingtaine de pages imprimées13.

3. Les Grecs sont ouverts aux influences extérieures et possèdent

  • C’est dans cette troisième partie de Über das Studium des Alterthums que nous retrouvons les éléments du discours allemand, apollinien, sur les Grecs.
  • En cela, elle n’est pas très intéressante.
  • Ce qui est plus important pour nous aujourd’hui, ce sont les conseils méthodologiques pour une description anthropologique.
  • Mais malgré l’enthousiasme helléniste, elle finit par le constat que — en principe — il est possible de trouver toute cette excellence aussi chez d’autres peuples, peut-être chez les Chinois ou les Indiens :.

Ob sich nun in irgendeinem noch unentdekten Erdstrich eine solche Nation zeigen wird, welche mit dieser Eigenthümlichkeit die übrigen,

  • Ist im Voraus zu entscheiden nicht möglich17.
  • Il n’est pas possible de décider au préalable si, dans une contrée encore inconnue de la terre, se montrera une nation telle qu’elle combine cette particularité de la nation grecque avec d’autres avantages semblables ou même supérieurs, ou si des connaissances plus approfondies des Chinois ou des Indiens les montreront comme de telles nations.
  • Humboldt luimême écrit beaucoup plus tard, dans une lettre à sa femme datant du 21 avril 181818, que son petit texte de 1793 est « das Beste und Gedachteste, was ich je gemacht habe », « la chose la meilleure et la plus réfléchie que j’ai jamais faite ».
  • Über das Studium des Alterthums est vraiment un texte fondateur de l’Altertumswissenschaft que celle-ci, ou plutôt son maître a refoulé consciemment ou inconsciemment dans la cave de la discipline, dans une note en bas de page.

De l’Hellade à la langue

  • Dix ans après Über das Studium des Alterthums et après un long séjour à Paris et en Espagne, Humboldt reprend, en 1802/03 à Rome, l’étude de l’Antiquité.
  • Rome, pour lui, ce n’est pas une ville moderne comme Paris, la capitale du xviiie siècle ; Rome, c’est, il le dit plusieurs fois, l’Antiquité.
  • Humboldt commence par établir cinq traits caractéristiques de l’esprit grec, dont les formes préférentielles sont la sculpture, la poésie et la religion.
  • Die meisten das Leben einer Nation begleitenden Umstände, der Wohnort, das Klima, die Religion, die Staatsverfassung, die Sitten und Gebräuche, lassen sich gewissermaßen von ihr trennen […].

La langue, souffle et âme de la nation, est devenue le centre

  • Le projet sur l’esprit grec devient donc un projet sur la langue grecque.
  • Plus tard, Humboldt écrira explicitement que l’esprit d’une nation est sa langue et que sa langue est son esprit21.

Références des ouvrages cités

  • DE la BrochE dEs coMBEs Pierre 1988 dE la BrochE dEs coMBEs Pierre, Jacques Polylas, journaliste et homme politique, thèse d’État, Sorbonne-Paris 3, 1988.
  • Carassoutsas Jean 1954 carassoutsas Jean, Η Βάρβιτος [La phorminx], éd. diMaras Constantin Th., Athènes, Aetos, 1954.
  • FauriEl Claude 1824 fauriEl Claude, Chants populaires de la Grèce moderne, Paris, Firmin Didot et Dondey-Dupré, 1824-1825.
  • HuMBoldt Wilhelm von 1816/2000 huMBoldt Wilhelm von, « Introduction à l’Agamemnon », traduit par Denis Thouard, in Wilhelm von Humboldt, Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage, Paris, Seuil (Points bilingues), 2000, p. 32-47.
  • Mavilis Lorenzos 2010 Mavilis Lorenzos, Les Sonnets, édités et traduits par Maria Tsoutsoura, Paris-Corfou, Epsilon (l’oiseau), 2010.

De l’exemplarité grecque à la critique du caractère unilatéral de la philologie grecque

  • Les développements que Humboldt a consacrés au caractère exemplaire des Grecs, notamment dans.
  • De l’étude de l’Antiquité, et en particulier de l’Antiquité grecque (Über das Studium des Alterthums, und des griechischen insbesondere) et dans.
  • Du caractère des Grecs, la vision idéale et historique de ce dernier (Über den Charakter der Griechen, die idealische und historische Ansicht desselben), sont célèbres.
  • Mais la chose est néanmoins plus complexe, dès ce stade, qu’on ne pourrait le croire.

Une Grèce vivante : nostalgie, philologie, éducation

  • Au moment où, à travers l’art et la philologie, l’Allemagne paraît rejoindre la Grèce, se révèle donc finalement la grande distance qui les sépare.
  • Chez Humboldt déjà, l’idée que la philologie ne saurait être une simple description (« Schilderung ») du monde antique était centrale, comme nous l’avons vu.
  • Elle impliquait une conception nécessairement non statique, dynamique de l’activité philologique.
  • Des logistes et des euthynes chez les Athéniens, il trace comme en négatif, en réponse aux critiques de Gottfried Hermann, l’image d’un philologue centré sur la lettre et vouant par conséquent le monde antique à la mort.
  • Inversement, on le comprend, l’accomplissement de la philologie (qui dans l’Antiquité n’avait pas su selon Boeckh s’élever au niveau d’un système, comme les mathématiques) pouvait être envisagé comme la garantie d’un essor de l’Allemagne moderne.

Les réflexions d’un linguiste

  • Sans consacrer d’étude indépendante à la langue grecque moderne, il l’a évoquée dans certains de ses écrits linguistiques, d’une part dans une perspective de comparaison et de mise en relation avec d’autres langues modernes, d’autre part dans le contexte d’une réflexion sur le développement diachronique de la langue grecque depuis l’Antiquité.
  • Cet ensemble, assez restreint et insuffisant pour un spécialiste, permettait toutefois de se familiariser avec les particularités du grec moderne et d’aborder les questions de sa relation au grec ancien, du rapport entre langue parlée et langue écrite et des choix possibles pour développer cette dernière11.
  • Les titres répertoriés sont les suivants : « 262. Proben von den Leakeschen fünf Classen des Schrift-NeuGriechischen.
  • Synoptikos parallelismos tes ellenikes kai Graikikes Glosses synthetis [sic] hypo J. David.

Regard sur les affaires de Grèce et le mouvement philhellène

  • C’est qu’en 1828, au moment de cet échange de lettres entre Thiersch et Humboldt, l’évocation des Grecs contemporains était de nature à échauffer les esprits et à susciter de virulents débats.
  • Depuis 1821, le soulèvement des Grecs contre la domination ottomane relevait de l’actualité brûlante.

Considérations sur l’avenir incertain

  • Humboldt se montre intéressé par l’idée de Thiersch selon laquelle la métrique des Grecs anciens reposait à l’origine, comme celle des modernes, non sur la différence de longueur des syllabes, mais sur leur accentuation différente, et il formule des objections contre cette théorie28.
  • Dans la partie de sa lettre consacrée proprement aux Grecs modernes et à leur poésie, Humboldt reprend à son compte certains lieux communs philhellènes qui jouèrent aussi un grand rôle dans la formation de l’idéologie nationale grecque.
  • Sur la traduction métrique de l’Agamemnon et les réflexions théoriques qui l’ont accompagnée, voir Couturier-Heinrich Clémence 2012 ; sur le travail de Humboldt concernant Pindare, voir Hummel Pascale 1995.
  • Il souligne la nécessité d’établir des vérités, car on considère (à tort, faut-il comprendre) les Grecs modernes généralement comme des « Orientaux31 ».

Variations poétiques sur le thème de la domination

  • Si Humboldt considéra le mouvement philhellène avec une certaine distance, il ne resta pas tout à fait étranger à la vague de création poétique suscitée par les événements de Grèce : la prise de Galaxidi par Youssouf, pacha d’Eubée, le 2 octobre 1821, lui inspira les dix chants du poème épique L’esclave grecque (Die Griechensklavin36).
  • Composé en 1822 et non destiné à la publication, ce texte long de 1744 vers s’éloigne rapidement de la réalité pour se consacrer à l’histoire imaginaire d’une esclave grecque de Youssouf, Theodota, qui sert fidèlement son maître malgré toutes les humiliations et tous les supplices qu’il lui fait subir.
  • Ceux-ci sont décrits avec une telle minutie que l’on a pu interpréter ce texte comme un exemple particulièrement marquant de masochisme littéraire37.
  • Ce poème qui détaille la soumission d’une femme aux hommes qui la violentent peut se lire en relation directe avec les textes de Humboldt sur les rapports entre hommes et femmes.

L’Athènes des bords de la Spree

  • L’Athènes des bords de la Spree est une métaphore ancienne pour désigner Berlin.
  • Il incarnait les débuts d’une nouvelle discipline, puisqu’il avait été le premier à s’inscrire à Göttingen comme étudiant en philologie2.
  • Sa présentation des sciences de l’Antiquité (Darstellung der Altertumswissenschaft) de 1807 définissait le cadre d’un enseignement de la philologie dans les universités prussiennes et plus généralement allemandes, un cadre que ses disciples August Boeckh (1785-1867) ou Karl Otfried 2. Maufroy Sandrine 2011b.
  • L’Athènes des bords de la Spree n’a rien à voir avec un lieu de Mystères ; la Grèce prussienne est localisée en Attique et ignore l’Ionie et ses contacts suspects avec des peuples orientaux.
  • Il faut ajouter que ces dernières années du 3.

L’Athènes des bords de l’Isar

  • La notion d’Isar-Athen ou d’Athènes munichoise est un peu plus tardive que celle de Spree-Athen Elle apparaît au moment où le roi philhellène Louis Ier monte sur le trône, en 1825 ; elle est liée, notamment, aux travaux de son architecte Leo von Klenze7 (1784-1864).
  • Comme plusieurs fonctionnaires bavarois de haut rang, Leo von Klenze n’était pas catholique mais protestant.
  • Klenze est aussi l’auteur du Walhalla près de Ratisbonne, c’està-dire d’un temple grec commémorant, sur le modèle du Panthéon parisien, les grandeurs du monde germanique.
  • Cent soixante personnes étaient célébrées à l’origine, en 1842, dans ce temple qui accueille maintenant cent quatre-vingt-quinze héros de la culture allemande ; la plupart sont représentés par un buste, d’autres doivent se contenter de plaques.
  • Son projet est, en fait, une version corrigée de celui de Schinkel.

Si un modèle athénien a pu être édifié sur les bords de la Spree

  • L’université de Bonn fut fondée en 1818 pour implanter le modèle humboldtien en Prusse rhénane.
  • Une de ses principales caractéristiques fut d’emblée l’esprit d’innovation, lié à cette fondation un peu périphérique par rapport au centre berlinois.

Certes, l’art archaïque et l’art hellénistique ont été découverts

  • Nous savons maintenant que les têtes de dieux dans la contemplation desquelles se plongeaient Winckelmann, Goethe et Humboldt étaient des copies de créations du ive siècle37.
  • Même si le Parthénon n’est plus pour Kekulé ce qu’il était pour Welcker, l’étalon d’un art grec sur lequel reposait le néo-humanisme, l’imitation, même libre, reste un horizon.
  • Ibid., p. 25 115 D’Allemagne en Grèce : cheminements humboldtiens la glyptothèque de Munich, Leo von Klenze avait pris une option différente, présentant les statues dans un ordre chronologique supposé.
  • Bonn, Berlin et Munich sont des lieux que l’on peut parcourir à l’instar des temples grecs reconstitués que l’Athènes othonienne ou postothonienne se doit d’imiter.
  • L’acharnement avec lequel Wilhelm von Humboldt défend la supériorité de la langue grecque auréolée par rapport à toute autre langue humaine, fût-elle comme le sanscrit ou le chinois marquée par une aura d’ancienneté, est peut-être révélatrice d’une tendance à l’exclusion dans la dissémination d’Athènes multiples à travers l’Allemagne.

Une philologie des ambiguïtés

  • Ibid., p. 184. 121 D’Allemagne en Grèce : cheminements humboldtiens le Dictionnaire des intraduisibles, pour penser, fabriquer et mettre en acte cet ouvrage.
  • Benveniste a joué pour moi le rôle de modèle pour travailler une modalité de la comparaison qui ne se confonde pas avec un comparatisme à juste titre suspect, et qui relève, comme le Vocabulaire des institutions indo-européennes lui-même, d’un usage non originel et non-originant de l’étymologie.
  • C’est pourquoi il est si troublant, pour moi qui ait eu dans mes études, comme beaucoup de Français philosophes de ma génération, une majorité de nourrices heideggériennes, de voir l’usage que Heidegger fait de Humboldt dans.
  • Elle est intraduisible, soit, mais on peut tout dire dans toutes les langues ; on peut donc aussi la traduire, simplement elle reste à (re)traduire.

De là cette définition de l’intraduisible que j’ai proposée dans

  • Il faudrait dès lors pouvoir convaincre les professeurs, inspecteurs, ministres et éditeurs, qu’au cœur des humanités se situe la traduction, que la traduction s’expérimente grâce aux bilingues, et qu’il n’y a pas une, mais une pluralité de traductions.
  • La culture qui apporte des formes d’art qui resteraient inconnues sans cela, paideia à l’échelle des individus.
  • Humboldt la décrit un peu plus loin : L’obscurité que l’on trouve parfois dans les écrits des Anciens et qui caractérise particulièrement l’Agamemnon provient de la brièveté et de l’audace [« aus der Kürze und der Kühnheit »] avec laquelle, en dédaignant des conjonctions intermédiaires, des pensées, des images, 8. Humboldt Wilhelm von 2000, p. 35.
  • Réponse, que n’a cessé de répéter Henri Meschonnic : on traduit un texte et pas une langue.
  • On y comprend comment, pour traduire l’Agamemnon, l’attention doit se porter sur la syntaxe plus encore que sur la sémantique — on se souvient de la manière dont Bourdieu montrait que les traductions heideggériennes étaient centrées sur la sémantique, devenant parataxe plus que syntaxe.

Le panthéon des langues

  • On a déjà souvent remarqué, et la recherche le confirme aussi bien que l’expérience, que, si l’on fait abstraction des expressions qui désignent des objets purement corporels, aucun mot d’une langue n’équivaut parfaitement à aucun mot d’une autre langue.
  • Des langues différentes sont à cet égard comme autant de synonymes ; chacune exprime le concept avec une différence, avec telle ou telle connotation, un degré plus haut ou plus profond sur l’échelle des sentiments.
  • Un mot est si peu le signe d’un concept que le concept ne peut même pas naître sans lui, encore moins être fixé ; l’action indéterminée de la force de pensée se condense dans un mot comme de légers nuages apparaissent dans un ciel pur.
  • C’est alors un être individuel, d’un caractère et d’une figure déterminés, d’une force agissant sur l’esprit, et capable de se transplanter26.

La diversité se définit comme non-superposabilité : « aucun mot

  • D’une langue n’équivaut parfaitement à celui d’une autre langue.
  • Car même l’absolument universel, bien qu’il se trouve hors du domaine de la particularité, est éclairé et coloré par la langue28.
  • Études sur les propriétés accidentelles 131 D’Allemagne en Grèce : cheminements humboldtiens.
  • C’est une question de Tullio Gregory, lors d’une des toutes premières réunions exploratoires du projet, qui m’a permis de comprendre l’originalité philosophique du dictionnaire.
  • Il m’a demandé si les lemmes d’entrée seraient des mots ou des concepts.

ADB

  • Asopios konstantinos 1847 asopios konstantinos, Περί Eλληνικής Συντάξεως, première période, deuxième édition, Athènes, Imprimerie S. K. Vlastos, 1847.
  • BEttis Stefanos 1991 BEttis Stefanos, Xριστόφορος Φιλητάς και Kωνσταντίνος Aσώπιος.
  • Oι διδάσκαλοι του γένους, Ioannina, Société des études épirotes, 1991.
  • Droulia loukia 2003 droulia loukia, « Ο φιλελληνισμός.

ΕΒΕ (Bibliothèque nationale de Grèce), section des manuscrits et

  • Porträts und Kurzbiographien von Klassischen Archäologen deutscher Sprache, Mayence, Philipp von Zabern, 1988.
  • Marchand suzanne l. 2003 Marchand suzanne l., Down from Olympus.
  • Matthaiou sophia 2012 Matthaiou sophia, « O Κοραής και οι έλληνες κλασικοί φιλόλογοι τον 19ο αιώνα » in dEdE Κaterina et diMitropoulos Dimitris (éds), « Η ματιά των άλλων ». Προσλήψεις προσώπων που σφράγισαν τρεις αιώνες (18ος-20oς), Αthènes, Institut de recherches néohelléniques-Fondation nationale de la recherche scientifique, 2012, p. 51-68.

Ève gran-ayMErich

  • Cette période initiale de sa carrière scientifique est décisive, non seulement pour l’orientation de ses propres recherches, mais aussi et surtout pour la détermination des fondements de l’archéologie classique européenne2.
  • En effet, il est le premier représentant sur le sol grec d’une « science archéologique » en gestation dont il fait la promotion, soutenu par le pouvoir bavarois représenté par le roi Othon3 (1815-1867), qui accorde à l’archéologie une place éminente dans sa politique intérieure.
  • Voir les actes du colloque tenu à Athènes en octobre 2002 : Goette Hans Rupprecht et Palagia Olga 2005.
  • Nachlass Ludwig Ross, Schleswig-Holsteinischen Landesbibliothek Kiel.
  • Sur le rôle des correspondances savantes, voir Bonnet Corinne et Krings Véronique 2008.

La mise en œuvre des sciences

  • Ce n’est que contraint par les circonstances politiques consécutives au coup d’État du 3 septembre 1843 que, la mort dans 14.
  • Cette initiative s’intègre dans un programme visant à développer en Grèce « des institutions savantes et pédagogiques et […] organiser l’exploration du pays sur le modèle de l’expédition française de Morée, mais de manière beaucoup plus ambitieuse et systématique et avec des savants allemands plus compétents21 ».
  • Ross s’affirme dans son rôle de conseiller du souverain en matière d’archéologie et, ainsi que Kyriakos Pittakis23 (1798-1863), est nommé 17.
  • Son séjour de 1830-1832 revêt un caractère politique affirmé par son soutien au jeune prince bavarois.

Inventer une archéologie

  • Néanmoins, c’est uniquement à nous, une fois dignement instruits, qu’il est réservé de contempler dans ce Parthénon sur l’Acropole le sanctuaire de nos aïeuls, d’admirer les effigies de nos pères dans les statues exhumées, de lire Démosthène sur la Pnyx en contemplant Salamine, et de retrouver nos anciennes traditions chez Homère1.
  • En 1845, lors d’une cérémonie solennelle à l’École des arts d’Athènes, auprès d’un auditoire composé du tout-Athènes et en présence du roi Othon, l’historien et philologue Grigorios Pappadopoulos (1819-1873) ouvre sur ces paroles son discours d’inauguration de la première exposition artistique officielle organisée dans le royaume de Grèce, fondé à peine quinze ans plus tôt.

Pour et contre Müller : l’enseignement de

  • Fasciné par le déchiffrement de l’écriture des hiéroglyphes et les nouvelles recherches qui pourraient en découler, Ross émettait la thèse d’une véritable colonisation de la Grèce par les Égyptiens et les Phéniciens durant le 12.
  • Sur le manuel et l’enseignement de Ross à l’université d’Athènes, voir Palagia Olga 2005.
  • Au sein du pays, c’est l’architecte et théoricien Lysandros Caftanzoglou (1811-1885), directeur de l’École des arts, qui s’est attaché à réfuter les opinions de Ross par un argumentaire très étoffé où les positions de Müller occupaient une place d’honneur18.

L’invention de la kallitechniologia :

  • Fondé la même année que l’université, en 1837, cet établissement était initialement conçu comme une école d’arts et métiers, mais à partir de 1844, il intègre dans son programme l’enseignement artistique.
  • Pour servir cet objectif, tant Caftanzoglou que Pappadopoulos — forces motrices de l’institution — s’attachent à faire de l’école un centre d’étude de l’art antique, rivalisant avec l’université, de prestige institutionnel supérieur.
  • Pendant deux décennies, enseignant côte-à-côte au sein de deux institutions éducatives majeures de la capitale athénienne, 25.
  • Pour une notice biographique, voir Stephanou Dionysios 1970 ; pour une analyse approfondie de son enseignement, voir Vratskidou Eleonora 2011, p. 286-338 ; Vratskidou Eleonora 2013.
  • L’archéologue français était un ami proche de Müller et recourait au manuel allemand pour son enseignement (GranAymerich Ève 2011, p. 114, n. 5).

De ce nom infini quelque lettre nouvelle.

  • Les chiffres sont les notes naturelles de cette musique des sphères qu’entendait Platon, et que l’âme pressent dans le silence des nuits étoilées9.
  • Demeuré profondément chrétien, il évoluait vers une forme de déisme.
  • Les ajouts à l’édition de 1850 reflètent moins ses dispositions philosophiques que des nécessités financières.
  • Les quatre dernières L’admiration professée pour Humboldt dans la nouvelle édition de Jocelyn était ironique : le Lamartine de 1865, qui laisse libre cours à son exaspération, reste fidèle au Lamartine de 1850, qui louait Humboldt pour s’en moquer.

Par une coïncidence qui n’est pas fortuite, un illustre prédécesseur

  • Revue philosophique et littéraire (publication libérale et démocratique, dirigée par Amédée Jacques qui émigra à Montevideo, muni de la recommandation d’Alexander von Humboldt, après le coup d’État du 2 décembre).
  • Renan, vingt-cinq ans en 1848, a quitté le séminaire depuis trois ans.
  • Le compte rendu de Cosmos, comme L’Avenir 11.
  • Cet article a paru dans les actes d’un colloque organisé par Iphigénie Botouropoulou, Ernest Renan et la Grèce.
  • Voici ce qu’écrit encore Renan : L’impression qu’on éprouve en lisant les grands ouvrages romantiques (M. de Lamartine) est pénible : elle n’est pas pleine et finie, comme pour Racine par exemple.

Nul n’a identifié ce passage de l’entretien sur Phidias, rédigé

  • Quatre ans avant la visite de Renan à Athènes, comme, à côté du sero te amavit de saint Augustin, une source possible du petit texte qui peut passer pour le testament philosophique de Renan, même si son auteur le qualifiait de breloque sans importance.
  • D’une certaine manière La Prière sur l’Acropole, cet éloge de l’insaisissable infini, qui oppose l’immense voûte de SainteSophie à l’étroite cella du Parthénon, qu’il publie en 1876 après l’avoir mûrie pendant onze ans, peut être lue comme la confession d’un séminariste irrémédiable tout comme Jocelyn se présentait comme le journal d’un curé de village.
  • Elle peut aussi être entendue comme son ultime réplique à Humboldt.

Portraits croisés

  • Humboldt s’est déjà retiré à Tegel lorsque Jacques Polylas naît en 1825 à Corfou, capitale du protectorat britannique des Sept-Îles1, à quelques lieues de Parga, près de Missolonghi assiégé.
  • Son ancienne famille, patricienne, avait probablement quitté Constantinople lors du sac des croisés2 avant de s’inscrire au Livre d’or de la Sérénissime à Corfou.
  • Longtemps dominées par Venise, annexées par la France en 1797 et provisoirement placées sous tutelle russe, les îles de la mer Ionienne restent un demi-siècle sous protectorat britannique avant d’être rattachées à la Grèce en 1864.
  • Les sept plus importantes d’entre elles (Corfou, Zante, Céphalonie, Leucade, Cythère, Ithaque et Paxi) justifient l’appellation grecque d’Heptanèse.

Une langue, un poète, une institution

  • Contrairement à Humboldt, fondateur d’une université qui résume ses aspirations politiques et intellectuelles, Polylas assiste à la condamnation de l’Académie Ionienne : cette première université grecque, ouverte par Lord Guilford quelques mois avant la naissance de Jacques à Corfou et progressivement éclipsée à partir de 1837 par l’université d’Athènes, disparaît définitivement après l’union.
  • À l’exception de l’Hymne à la Liberté (publié aux presses installées par Byron à Missolonghi avec une traduction italienne et à Paris dans le recueil de chants grecs de Fauriel avec une traduction française en regard10), les vers de Solomos sont récités de bouche à oreille, chantés ou recopiés sans être édités.
  • Le mépris du premier royaume grec pour la culture médiatrice et cosmopolite des Sept-Îles où l’Occident rencontre l’Europe centrale et orientale11 contribue sans doute à piéger le poète, visionnaire perfectionniste, fragile psychiquement et physiquement, dans ses propres réticences.
  • Alexandros Rizos Rangabé, qui laisse planer un soupçon « romantique » sur son œuvre dramatique14, défend le néoclassicisme depuis sa chaire d’archéologie acquise en 1844 ; rapporteur principal des concours annuels de poésie à l’université à partir de 1851, ce futur ministre des Affaires étrangères d’Othon ier promeut les sujets patriotiques et 10.

La référence humboldtienne dans l’œuvre de Polylas

  • Sa conviction que le grec simple peut exprimer, « avec une vigueur et une concision étonnantes, les sentiments les plus 33.
  • Voir son Précis d’histoire de la littérature néo-hellénique (Berlin, 1877), issu des « Esquisses de la littérature grecque moderne » (in Le Spectateur de l’Orient, Athènes, 1853-1855), où Polylas, déjà traducteur de Shakespeare et d’Homère, est évoqué comme auteur d’un essai sur la politique dans l’Antiquité.
  • Pour justifier l’importance accordée aux Phanariotes, Rangabé attribue au terme un sens large ; il insiste sur les lettres grecques avant l’indépendance, sur l’université d’Athènes, sur son propre apport et sur celui de son oncle Jacovaky Rizo-Neroulos, qui n’oubliait pourtant pas Solomos et Kalvos dans son Cours de littérature grecque moderne (Genève, 1828), rédigé également en français.
  • Voir la conférence de Grigorios Xenopoulos, romancier et auteur dramatique célèbre, éditeur et critique influent, sur Les Paraschos (Xenopoulos Grigorios 1916).
  • Après avoir marqué son temps, le « romantisme » athénien présente rarement plus qu’un intérêt philologique.

Traduits de l’allemand et présentés

  • Textes écrits sur l’Antiquité par Wilhelm von Humboldt Présentation Étudier « une nation, non pas des livres, mais des hommes » Sandrine Maufroy Indépendamment des introductions accompagnant ses traductions d’œuvres littéraires grecques et de nombreux passages de sa correspondance, Wilhelm von Humboldt a développé ses réflexions sur l’Antiquité grecque dans quatre textes principaux :.
  • Espacés les uns des autres par des dizaines d’années, non publiés du vivant de leur auteur, ces écrits nous font partager le mouvement d’une réflexion sur la culture grecque qui se révèle partie prenante des inflexions théoriques majeures de la pensée humboldtienne1.

Toutefois, des précisions, des déplacements et des modifications

  • Il étudie le caractère des Grecs dans ses manifestations principales, prises l’une après l’autre : art, poésie, religion, us et coutumes, caractère public et privé et histoire.
  • Selon Humboldt, les Grecs se distinguent par le fait qu’ils cherchent toujours à relier l’individualité et l’universalité, la réalité et l’idéal, et qu’ils traitent donc tous leurs sujets de manière symbolique, en réalisant une unité parfaite entre intériorité et extériorité, corps et esprit, contenu et forme.
  • C’est particulièrement visible dans l’art, au sujet duquel Humboldt formule la thèse que les Grecs procédaient non pas par l’imitation de la nature, mais par le « sens pur des formes 22.
  • Voir, dans Le Latium et l’Hellade, le passage qui commence par « L’explication de ce qui vient d’être énoncé nécessite un développement sur l’individualité telle qu’elle est et telle qu’elle doit être ».

1) selon que les vestiges qui nous restent d’une nation sont

  • C’est pourquoi la valeur objective et l’individualité d’un produit de l’esprit sont souvent inversement à s’introduire en pensée dans des mentalités et des œuvres d’art étrangères efface totalement la spécificité du caractère.
  • Les écrits qu’ils concevaient d’eux-mêmes étaient de qualité très moyenne. » [La citation latine se trouve dans : Horace, Satires, I, 1, 106.
  • Sinon il lui arriverait la même chose qu’au célèbre Reisken qui savait comment était l’Arabie mais ne connaissait pas Leipzig où il habitait.
  • À partir de fondements rigoureusement démontrés, il doit composer dans son esprit une représentation raisonnée (image idéale de la pensée) d’après laquelle il juge dans les cas individuels les propriétés particulières.

2) la forme de gouvernement et l’organisation politique

  • La seule forme de gouvernement qui fût à proprement parler légale en Grèce était la constitution républicaine, à laquelle chaque citoyen pouvait plus ou moins prendre part.
  • Mais le peuple, à l’éducation souvent extrêmement raffinée, réclamait encore plus.
  • Il ne restait donc presque aucun aspect que l’homme d’État pût négliger impunément.
  • Ses différentes parties n’étaient pas encore à ce point séparées que l’on se fût consacré exclusivement à l’une d’elles durant toute sa vie.
  • Les mêmes qualités qui faisaient du Grec un être humain plein de grandeur faisaient aussi de lui un grand homme d’État25.

2) la religion n’exerçait absolument aucune domination sur

  • Un trait éminemment distinctif du caractère grec est, comme on l’a remarqué plus haut (23), que le sentiment et l’imagination avaient atteint un niveau peu commun à une période de la culture encore très reculée, et que la simplicité et la naïveté enfantines s’étaient préservées de manière relativement fidèle à une période déjà assez tardive29.
  • Une excellente étude consiste, me semble-t-il, à observer les enfants et leur évolution progressive, on y lit quotidiennement dans le livre vivant de la nature et l’on y apprend à connaître l’être humain dans ses prédispositions essentielles.
  • L’étude d’un tel caractère ne peut qu’avoir un effet généralement salutaire sur l’éducation de l’être humain, dans toutes les situations et à toutes les époques, puisqu’il constitue en quelque sorte le fondement du caractère humain30.

Un deuxième trait éminemment caractéristique des Grecs est

  • Ainsi, la disposition de caractère des Grecs est, suivant tous les facteurs énumérés plus haut, extrêmement avantageuse pour l’étude de l’être humain en général à partir de l’exemple particulier qu’elle constitue.
  • Mais cette étude est aussi possible dans 30.

3) les périodes sur lesquelles il faut passer le plus de temps ne

  • Sont pas seulement celles où les Grecs faisaient preuve de la plus 35.
  • Mais pour les historiens la dernière solution.
  • Xénophon. 341 Textes écrits sur l’Antiquité par Wilhelm von Humboldt grande beauté et de la plus haute culture, mais aussi, à l’inverse, tout particulièrement les premières et les plus reculées.
  • En outre, plusieurs des raisons exposées précédemment (22, 23, 33) ne s’appliquent particulièrement bien qu’à ces périodes reculées.
  • Les moyens auxiliaires d’une telle étude, en particulier lorsqu’elle est menée dans l’intention développée ici, sont principalement les suivants :.

1) travail direct sur les sources elles-mêmes par la critique

  • C’est à cela, bien sûr, qu’il faut accorder la première place.
  • 2) tableau de la situation des Grecs, Antiquités grecques au sens le plus large du terme, auquel la fin qui a été fixée ici donne la plus grande extension.
  • Ce travail auxiliaire est nécessaire d’une part pour comprendre les sources particulières, et d’autre part pour se donner une vue d’ensemble générale et une introduction à l’ensemble de l’étude41.
  • Chaque écrivain ne traite qu’un seul sujet particulier, et l’on ne peut pas saisir ce qui est particulier dans toute sa réalité visible si l’on n’est pas convenablement informé de la situation générale.
  • La critique et l’interprétation sont des activités importantes pour le linguiste, moins importante pour l’homme qui dans la littérature, cherche sagesse et connaissance des hommes. —, also known as D.

4. Les us et les coutumes

  • Dans ce champ immense, on ne peut rien faire de plus que de souligner quelques points particuliers.
  • La valeur que les Grecs accordaient à la libre formation du corps les distingue de toutes les nations.

5. Le caractère public et privé et l’histoire

  • Il faisait indéniablement preuve, tout particulièrement chez les Athéniens, d’inconstance et souvent d’une grande légèreté.
  • L’oppression des humbles citoyens par les plus distingués et des pauvres par les riches était totalement étrangère aux États grecs, et ne s’y immisça à aucune époque.
  • Il est vrai que la liberté sombrait par moments dans la tyrannie locale et étrangère, mais cela ne durait jamais longtemps et quand on se demande ce qui dans l’ensemble resta toujours dominant, en particulier à Athènes, on conclut que c’était la démagogie, donc une forme de domination, certes, mais une domination exercée par 374.

Du caractère des Grecs, vision

  • Historique et idéale de celui-ci I. Les Grecs, pour nous, ne sont pas seulement un peuple utile à connaître historiquement, mais un idéal.
  • Leurs supériorités sur nous sont telles que c’est justement parce qu’ils sont inaccessibles qu’il nous est utile d’imiter leurs œuvres et qu’il nous est bénéfique de rappeler dans notre âme, oppressée par le confinement et la mesquinerie de notre situation, la liberté et la beauté de celle dont ils jouissaient.
  • Ceci n’est pas une vision fortuite, mais nécessaire.
  • Car le souffle de l’Antiquité, qui manque 388.

Du caractère des Grecs en général, et de la vision idéale de celuici en particulier

  • L’époque moderne se trouve, relativement à l’Antiquité, dans une situation qui était totalement étrangère à cette dernière.
  • Il y a donc pour nous une grande différence entre l’étude de l’histoire grecque et celle de l’histoire des autres peuples.

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L'hellénisme de Wilhelm Von Humboldt et ses
prolongements européens
Sandrine Maufroy et Michel Espagne (dir.)
DOI : 10.4000/books.demopolis.638
Éditeur : Demopolis, École française d’Athènes
Année d’édition : 2016
Date de mise en ligne : 18 janvier 2019
Collection : Quaero
EAN électronique : 9782354571559
http://books.openedition.org
Édition imprimée
EAN (Édition imprimée) : 9782354571092
Nombre de pages : 462
Référence électronique
MAUFROY, Sandrine (dir.) ; ESPAGNE, Michel (dir.). L'hellénisme de Wilhelm Von Humboldt et ses
prolongements européens. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Demopolis, 2016 (généré le 24 juin 2021).
Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/demopolis/638>. ISBN : 9782354571559. DOI :
https://doi.org/10.4000/books.demopolis.638.
© Demopolis, 2016
Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540


Cet ouvrage, coédité par les éditions Demopolis et
les presses de l’École française d’Athènes,
a été publié avec le soutien du laboratoire d’excellence TransferS
(programme Investissements d’avenir ANR-10-IDEX-0001-02 PSL*
et ANR-10-LABX- 0099).

L’HELLÉNISME DE
WILHELM VON HUMBOLDT
ET SES PROLONGEMENTS EUROPÉENS

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TL;DR: In this article, the authors put Humboldt's work in perspective by tracing it back to its sources and treating it as part of a wider parallel process of expanding the comparative view of non-Indo-European languages.
Abstract: Summary Wilhelm von Humboldt’s Uber die Kawi-Sprache auf der Insel Java can be seen as the first comparative grammar of non-Indo-European languages. While Humboldt’s practice of collecting and re-assembling linguistic information has been documented extensively in the Berlin Academy edition of his Schriften zur Sprachwissenschaft, this article puts his work in perspective by tracing it back to its sources and treating it as part of a wider parallel process of expanding the comparative view. In three sections, this article discusses (1) the research agendas of the three British colonial scholars upon whose works Humboldt drew for Malayan languages; (2) to which extent his Polynesian language material was ‘rawer’ than these compendia; and (3) how he reworked this material into a comparative Malayo-Polynesian grammar. Finally, a comparison is drawn with the work of his assistant and continuator Eduard Buschmann, and with Horatio Hale’s slightly later survey of the languages of the Pacific.

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