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Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805)

01 Jun 1996-Iss: 15

AbstractJusqu’a present, le contenu de l’enseignement dispense a l’Ecole polytechnique a ete relativement peu etudie. On repete les noms des tres nombreux savants qui ont porte le bicorne dans leur jeunesse, on raconte maintes anecdotes sur le passage de chacun a l’Ecole, on ne sait pas precisement quelle instruction ils y ont recue. Or meme si d’aucuns considerent qu’il faut voir dans l’Ecole, des le debut du XIXe siecle, essentiellement un lieu de reconnaissance et de formation d’une elite bourgeoi...

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NOTE DE L’ÉDITEUR

  • Nous publions ici, avec son aimable autorisation, la première partie de la thèse inédite présentée en 1989 par Hélène Tron, alors élève de l’Ecole des Chartes, pour l’obtention du diplôme d’archiviste paléographe.
  • On répète les noms des très nombreux savants qui ont porté le bicorne dans leur jeunesse, on raconte maintes anecdotes sur le passage de chacun à l’Ecole, on ne sait pas précisément quelle instruction ils y ont reçue.
  • Or même si d’aucuns considèrent qu’il faut voir dans l’Ecole, dès le début du XIXe siècle, essentiellement un lieu de reconnaissance et de formation d’une élite bourgeoise, il n’en reste pas moins que sa vocation première et officielle était, et est encore, de dispenser un enseignement scientifique de très haut niveau.

Le Palais-Bourbon en 1797 (dessin de Jean-Louis Pires-Trigo, 1983).

  • Les laboratoires de chimie des élèves étaient situés au rez-de-chaussée de ces bâtiments, aujourd'hui disparus.
  • (Cf. B. Belhoste, de l'Ecole des Ponts et Chaussées à l'Ecole centrale des Travaux publics, bulletin SABIX n° 11, 1994).
  • La date de 1880, que nous avons donnée, ne doit pas d’ailleurs s’entendre trop strictement.
  • Cependant un assez grand nombre de rapports sur l’état de l’enseignement de la chimie à l’Ecole polytechnique à cette date nous permettaient d’en présenter, nous aussi, un bilan.
  • Mais aucun n’avait étudié l’enseignement de la chimie et la marche des laboratoires dans les débuts de l’Ecole polytechnique de manière aussi exhaustive qu’Hélène Tron, et en utilisant aussi complètement toutes les ressources des archives de l’Ecole polytechnique, d’accès maintenant beaucoup plus commode pour les chercheurs depuis leur reclassement en 1983.

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Bulletin de la Sabix
Société des amis de la Bibliothèque et de l'Histoire de
l'École polytechnique
15 | 1996
L'enseignementdelachimieàl'Ecolepolytechnique
Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du
Palais-Bourbon (1794-1805)
HélèneTron
Éditionélectronique
URL : http://journals.openedition.org/sabix/780
DOI : 10.4000/sabix.780
ISSN : 2114-2130
Éditeur
Société des amis de la bibliothèque et de l’histoire de l’École polytechnique (SABIX)
Éditionimprimée
Date de publication : 1 juin 1996
ISBN : ISSN N° 2114-2130
ISSN : 0989-30-59
Référenceélectronique
Hélène Tron, « Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805) », Bulletin
de la Sabix [En ligne], 15 | 1996, mis en ligne le 02 janvier 2012, consulté le 08 septembre 2020. URL :
http://journals.openedition.org/sabix/780 ; DOI : https://doi.org/10.4000/sabix.780
Ce document a été généré automatiquement le 8 septembre 2020.
© SABIX

Chimie et laboratoires à l'Ecole
polytechnique du Palais-Bourbon
(1794-1805)
Hélène Tron
NOTE DE L’ÉDITEUR
Nous publions ici, avec son aimable autorisation, la première partie de la
thèse inédite présentée en 1989 par Hélène Tron, alors élève de l’Ecole des
Chartes, pour l’obtention du diplôme d’archiviste paléographe. Le titre en
était « l’Enseignement de la Chimie à l’Ecole polytechnique (1794-1880) »
1
; l’extrait suivant de son introduction justifie le choix de ces dates.
1 Jusqu’à présent, le contenu de l’enseignement dispensé à l’Ecole polytechnique a été
relativement peu étudié. On répète les noms des très nombreux savants qui ont porté le
bicorne dans leur jeunesse, on raconte maintes anecdotes sur le passage de chacun à
l’Ecole, on ne sait pas précisément quelle instruction ils y ont reçue. Or même si
d’aucuns considèrent qu’il faut voir dans l’Ecole, dès le début du XIX
e
siècle,
essentiellement un lieu de reconnaissance et de formation d’une élite bourgeoise, il
n’en reste pas moins que sa vocation première et officielle était, et est encore, de
dispenser un enseignement scientifique de très haut niveau.
2 Celui-ci est, à juste titre, réputé pour faire la part belle aux mathématiques et aux
théories abstraites - le symbole n’en est-il pas cette lettre X, venue du vocabulaire de
l’algèbre, et qui à elle seule désigne l’Ecole et ses élèves ? Comme on le verra, cela n’a
pourtant pas toujours été le cas : la chimie, qui nous intéresse, avait à la création de
l’Ecole une place de choix dans le plan des études.
3 La chimie moderne, fille de Lavoisier, et l’Ecole centrale des Travaux publics, oeuvre
des thermidoriens, sont en effet nées à quelques années à peine de distance. Les mêmes
hommes
2
ont favorisé la venue de l’une et de l’autre, et si par la suite, les liens entre
Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805)
Bulletin de la Sabix, 15 | 1996
1

elles deux se sont un peu distendus, ils n’ont jamais cessé d’exister. Etudier,
parallèlement à l’essor de la science elle-même - une science considérée comme
éminemment française à la fin du XVIII
e
siècle, mais nettement moins à la fin du
XIX
c
siècle -, la façon dont elle voulait être enseignée, et la façon dont elle le fut,
pendant un siècle, à l’Ecole polytechnique, tel était le but de notre recherche.
Le Palais-Bourbon en 1797 (dessin de Jean-Louis Pires-Trigo, 1983).
L'Ecole polytechnique occupait l'hôtel de Lassay et les bâtiments le long de la rue de l'Université et de
l'esplanade des Invalides. Les laboratoires de chimie des élèves étaient situés au rez-de-chaussée de
ces bâtiments, aujourd'hui disparus.
(Cf. B. Belhoste, de l'Ecole des Ponts et Chaussées à l'Ecole centrale des Travaux publics, bulletin
SABIX n° 11, 1994).
4 Le terminus a quo de cette étude allait de soi ; le terminus ad quem était plus difficile à
fixer. La date de 1880, que nous avons donnée, ne doit pas d’ailleurs s’entendre trop
strictement. Elle ne correspond pas à une révolution dans le domaine des
connaissances chimiques, pas plus qu’à un quelconque bouleversement dans
l’organisation de l’Ecole. Cependant un assez grand nombre de rapports sur l’état de
l’enseignement de la chimie à l’Ecole polytechnique à cette date nous permettaient d’en
présenter, nous aussi, un bilan. Surtout, la création de l’Ecole supérieure de physique et
de chimie industrielles de Paris (1882), première grande école spécialisée dans les
sciences physiques
3
allait ôter aux écoles généralistes, c’est-à-dire Polytechnique et
Centrale, une partie du soin de former les ingénieurs chimistes, et déterminait par là un
point d’aboutissement.
5 Période de mise en place, riche en expériences variées, caractérisée par un divorce de
plus en plus net entre les voeux des fondateurs et les réalisations concrètes, soumises aux
exigences d’un budget déjà trop maigre, caractérisée aussi par le volume des documents
qu’elle a laissés, la première décennie de l’Ecole (1794 -1805) forme à elle seule la matière
de notre première partie. Nous y décrivons dans ses locaux, dans ses méthodes, dans ses
professeurs, un enseignement qui était alors unique en France et en Europe.
Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805)
Bulletin de la Sabix, 15 | 1996
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6 La militarisation de l’Ecole, si elle ne concernait pas directement l’enseignement de la
chimie, eut sur lui néanmoins des conséquences fort importantes. Quand elle n’eût pas
déterminé l’installation dans de nouveaux locaux, elle aurait, par l’orientation de la
mission de l’Ecole vers la formation exclusive des cadres techniques, surtout militaires
à cette époque, de l’Etat, influé déjà beaucoup sur cet enseignement. Mais du transfert
de l’Ecole des « Ecuries du Palais-Bourbon » dans les « étroites localités du collège de
Navarre »
4
résulta aussi une détérioration notable des conditions matérielles, de l’état
des laboratoires notamment, si importante pour la chimie.
7 La date de 1805 marquait donc une réelle césure pour le sujet que nous avions choisi de
traiter ; L’unité de la période suivante (1805 - 1880) se fit autour de questions qui furent
sans cesse posées, sans jamais trouver de réponse définitive : la prédominance toujours
plus marquée, bien que souvent combattue, de la théorie, dans le couple qu’elle formait
avec la pratique ; la longue inadéquation des locaux, pourtant réaménagés de temps à
autre, aux besoins de l’établissement, tant du point de vue de la formation des élèves
que de celui des recherches des professeurs ; les obstacles à l’introduction des progrès
récents de la chimie en formation dans les programmes de l’Ecole ».
8 Des historiens anglo-saxons s’étaient intéressés, il est vrai, à l’existence à Polytechnique
de laboratoires de chimie destinés à des travaux pratiques des élèves, ce qui était, en
1794, d’une exceptionnelle nouveauté
5
.
9 Mais aucun n’avait étudié l’enseignement de la chimie et la marche des laboratoires dans
les débuts de l’Ecole polytechnique de manière aussi exhaustive qu’Hélène Tron, et en
utilisant aussi complètement toutes les ressources des archives de l’Ecole polytechnique,
d’accès maintenant beaucoup plus commode pour les chercheurs depuis leur
reclassement en 1983.
10 Aussi la SABIX est-elle heureuse de présenter dans son Bulletin cette étude si vivante et
si complète qui montre la place de premier plan que tenait l’enseignement de la chimie
dans l’Ecole polytechnique du Directoire. Laboratoires des élèves, cabinets des
« instituteurs », magasins, ateliers et collections occupaient les vastes dépendances du
Palais-Bourbon, le long de la « cour des Tyrannicides » (appelée plus simplement « cour
des laboratoires » !) cependant qu’instituteurs, adjoints, artistes et aides de laboratoire
formaient un effectif imposant de chimistes.
11 Le déclin ne devait pas tarder, avant même le transfert du Palais-Bourbon à la Montagne
Sainte-Geneviève : Hélène Tron en analyse les causes.
NOTES
1. Un exemplaire de celte thèse est disponible pour la consultation aux Archives de l’Ecole
polytechnique.
2. Fourcroy, Guyton, Berthollet notamment.
3. Il existait déjà des institutions vouées à renseignement de la chimie et de la physique mais à
un niveau moindre. Significativement, elles n’étaient pas situées à Paris.
Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805)
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3

4. - Arch. E.P. V 3 n° 3, "Rapport fait au conseil des bâtiments civils le 24 avril 1820, par Mr Biet
sur des travaux à faire à l’Ecole royale polytechnique".
5. - Smeaton, W. A, "The early history of laboratory instruction in chemistry at the Ecole
polytechnique, Paris, and elsewhere", Annals of Science, vol. 10 n° 3, 1954, pp. 224-233. Bradley,
Margaret, "The facilities of pratical instruction in science during the early years of the Ecole
polytechnique", Annals of Science, vol. 33 n° 5, 1976, pp. 425-446. Langins, Janis, "The Decline of
chemistry at the Ecole polytechnique, 1794-1805", Ambix, vol. 28 n° 1, 1981, pp. 1-14.
AUTEUR
HÉLÈNE TRON
Elève à l’Ecole des Chartes
Chimie et laboratoires à l'Ecole polytechnique du Palais-Bourbon (1794-1805)
Bulletin de la Sabix, 15 | 1996
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